2013/04/07

PAUL FEVAL




Je déclare à l'unanimité que
Paul Féval 
est le plus grand romancier de tous les temps,
après Dieu s'entend.

Parmi ses meilleurs ouvrages, s'il n'en était qu'un à connaître, je conseillerait 'Bouche de fer' ou Le capitaine Fantôme. Et que dire de la série des 'Habits noirs', de la 'Quittance de minuit', de la 'Fée des grèves, 'La belle étoile' ... Extraordinaire.

Certes, on trouvera plus d'entrain à lire Ponson du Terrail, plus de roman avec Alexandre Dumas, plus de poésie avec Walter Scott, mais le sommet de l'art littéraire n'est pas ailleurs que sous la plume de ce génie méconnu, comme tous les autres d'ailleurs qu'on traite de 'romanciers' alors qu'ils sont la gloire de l'humanité .

A eux tous, ils sont plus que les historiens, les philosophes, les poètes, les psychologues et les sociologues, les économistes et les écrivains politiques. Les romanciers du 19° siècle ont laissé à l'homme un trésor qui dort sous l'ignorance des peuples.

Lisez, lisez tout, d'Eugène Sue à Fortuné du Boisgobey, de Dickens à Cooper, de Jules Mary à Emile Richebourg, de Capendu  à Assolant, de Conscience à Gréville, de Soulié à Daudet, et vous en apprendrez plus qu'en plusieurs vies, et vous deviendrez un autre, meilleur, je dirais même illuminé si ce mot n'avait pas un sens autre.

"Drole de fillette !"

Ah ! Et pour découvrir la Bretagne telle que vous ne l'auriez jamais pu imaginer, lire absolument "Châteaupauvre" !!!



Paul Féval, Le Berceau de Paris, 1860

" La féodalité naissait, ou plutôt les gens du Nord l'avaient apportée déjà grandette de leur pays. Chaque chef se modelait sur le grand chef ou roi. Le roi avait ses comtes, qui étaient en réalité ses pairs, et que l'on nommait plus spécialement des leudes.
Le leude avait ses comtes ou compagnons, et l'usage ressemblait ici à la loi musulmane qui règle le mariage: le leude avait autant de compagnons qu'il en pouvait nourrir. Les comtes du leude, les compagnons du compagnon, pouvaient bien avoir, selon les cas, quelque comiticule. Rien ne défendait à ce comiticule d'avoir un ou deux comitaillons, et ainsi de suite.

Et si vous croyez que ces choses sont changées, vous avez tort. Le roi de nos temps modernes, M. de Rotschild, a des ministres qui ont des sous-secrétaires de coffre, qui ont des secrétaires particuliers, qui ont des directeurs, qui ont des préfets, qui ont des pharisiens, qui ont des publicains, qui ont des sangsues.

De la sangsue modeste et sans préjugés au fils légitime du veau d'or, croyez-vous qu'il n'y ait pas beaucoup de chemin ? Par Jacob-Israël ! autant de chemin que du lampion posé sur un tas de boue au radieux et splendide soleil ! Si jamais institution fut grande, omnipotente, redoutable et mystérieuse, c'est celle du judaïsme moderne.
Un seul mot vous en fera juger. Si Voltaire vivait, et que Voltaire s'avisât de répéter contre la religion dominante de notre temps, le judaïsme, son fameux: 'détruisons l'infâme', le judaïsme, allongeant ses doigts crochus, prendrait Voltaire par la peau de son cou ratatiné, et l'entraînerait dans une sabbatière. Là il lui dirait:
- Mon petit homme, je pourrais t'écraser comme une puce, mais j'aime mieux t'acheter et te payer comptant.

Voilà Voltaire enchanté, voilà Voltaire converti ! Voilà Voltaire qui passera le reste de sa vie à composer des Moysiades, des Aaronides, des Jéricho perdue et des Francfort délivrée. Bon Dieu ! qu'est-ce que c'était que ces chefs entourés de glaives, auprès du Mammon gardé par une muraille d'or. Je vous dis, moi, que si le coffre-roi n'était pas une excellente pâte de juif, aujourd'hui, plutôt que demain, il mangerait notre république à la tartare.
L'univers, au bas mot, ne vit que par sa clémence; et s'il se fâchait quelque matin, ce serait la fin du monde avant le soir. En raison de quoi, je vous engage à vous féliciter des progrès obtenus par nos bavardages, et surtout de nos libertés conquises."

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